Élections européennes : un rendez vous manqué...
Parce que nous sommes des acteurs économiques exerçant notre métier sur l'espace européen, nous regardons avec beaucoup d'attention, à la fois les voies politiques choisies par la gouvernance europénne, mais aussi le débat et les résultats de tous les scrutins européens.
Force est de constater que les dernières élections, n'ont pas permis un débat contradictoire sur les choix politiques possibles pour l'Europe.
La campagne électorale des partis en présence n'a jamais réellement abordé les enjeux sociaux et économiques de l'Europe que nous voulons pour demain ; enjeux qui sont pourtant d'une importance vitale pour l'avenir et le développement des entreprises de transport routier de marchandises.
Les résultats de l'élection en France et plus généralement au plan européen est sans appel : une abstention massive de l'électorat qui démontre un désintérêt croissant pour le pouvoir politique européen. La gouvernance européenne issue des urnes sera quasiment la même, que lors de la mandature précédente. Nous ne pouvons espérer un changement radical de politique, et en particulier une réponse, au besoin de régulation sociale et économique qui s'est pourtant manifesté, en particulier dans les pays de l'Europe de l'Ouest.
L'Europe non régulée des marchés a encore des beaux jours devant elle, elle va continuer à offrir une « aire de jeu » sur mesure, aux spéculateurs et aux innombrables « low coast » de l'économie. Nous savons tous que cette Europe là, détruit des entreprises et des emplois, sans état d'âme. Nous qui avons subi, la déferlante toujours plus moins disant, des entreprises du sud de l'Europe puis de celles de l'Europe de l'Est, savons de quoi nous parlons. Nous avons peu à peu et souvent brutalement perdu des parts de marchés et sacrifiés les emplois et les outils de production que nous avions développés.
En France, les résultats électoraux de ce scrutin européen, qui ont démontré l'exigence toujours plus importante d'une partie de la population française, pour la mise en place d'une politique dite écologique, va de toute évidence influencer le gouvernement actuel et les propositions politiques qui s'exprimeront lors des prochains scrutins nationaux.
L'expression de cette volonté politique du « plus » écologique a souvent pour notre secteur d'activité, le goût amer des poncifs sans cesse rabâchés : le transport routier est un mode de transport polluant, qui doit disparaître au profit de mode de transports plus « propres ».
Cet apriori une fois énoncé, il est de bon ton de poursuivre en indiquant à cet électorat captif, qu'il suffit de taxer le transport routier pour transférer les marchandises sur le train, la péniche ou le bateau, dont le bilan de pollution n'est d'ailleurs jamais évoqué.
Quelques rappels :
le transport routier de marchandises est le mode de transport le plus pertinent, sur les transports en de ça de 500 km, créneau sur lesquels les entreprises de transports françaises sont positionnés dans leur grande majorité,
le réseau ferré français et ses opérateurs actuels sont dans l'incapacité d'offrir un service fiable et compétitif, en partenariat avec les opérateurs du transport routier.
a taxe routière votée et en cours de mise en place, va taxer principalement le transport routier français de proximité et aggravera les disparités fiscales avec les transporteurs étrangers,
enfin, faire disparaître les entreprises de transport françaises ce n'est pas diminuer le nombre de camions circulant sur les routes françaises, c'est simplement les remplacer par des véhicules étrangers présentant de moindre garantie de sécurité, conduits par des conducteurs étrangers moins formés et moins contrôlés.
Lors de la campagne électorale pour les élections présidentielles, nous avions proposé aux candidats en présence, le PACSE, pacte du camion sympa et intelligent. Il est toujours d'actualité et ne demande qu’à être discuté.
Nous voulons participer aux politiques nationales et européennes visant à un rééquilibrage des organisations de transports de marchandises, dans l'espace national et européen qui soient respectueuses des engagements de développements durables que nous partageons. Mais, nous n'accepterons pas d'être sacrifiés sur l'autel, d'une écologie radicale qui nie l'apport de l'économie dans le bien être des citoyens de nos pays.
Aline MESPLES
Vice-présidente de l’OTRE